Interview de Doc@Paris

Après 6 mois d’existence, le dernier né des réseaux Doc@ s’est prêté au jeu des questions/réponses :

docaparis

Comment s’est créé Doc@Paris ?

Doc@Paris est né tout à fait par hasard, suite à une conversation sur Twitter à propos des youtubeurs. Léa Lacroix avait travaillé sur ce sujet à la bibliothèque municipale de Rennes et nous étions plusieurs à vouloir en savoir plus. Nous avons profité de son passage à Paris pour organiser une réunion à la fin de l’année 2015. Il se trouve que c’est Léa qui a créé Doc@Rennes, elle nous a présenté le fonctionnement du réseau et cela nous a donné envie de continuer à nous réunir.

D’une certaine manière, l’idée de Doc@Paris est de recréer un lieu de dialogue et de rencontre aussi souple que les réseaux sociaux mais « en vrai ». Nous avons repris la charte de Doc@Brest en l’adaptant légèrement. Nous restons sur les mêmes grands principes : un réseau professionnel coopératif, sans statut juridique, axé sur les questions d’innovation et la production de biens communs et qui organise régulièrement des rencontres gratuites.

A qui s’adresse ce nouveau réseau ?

Doc@Paris s’adresse avant tout aux professionnels des bibliothèques, de la culture et de la documentation à Paris et en Île-de-France, mais en fait, c’est très ouvert et tout le monde peut participer. Il y a des personnes venues d’horizons très différents qui sont présentes aux rencontres, comme des élus, des universitaires ou des responsables de fablabs. C’est une richesse dont on se priverait en raisonnant de façon corporatiste.

En ce qui concerne le périmètre géographique, je pense qu’il y a surtout un besoin à Paris intramuros. La capitale est un environnement paradoxal : le milieu professionnel est exceptionnellement dense, avec beaucoup d’équipements, beaucoup d’évènements, des institutions nationales, etc. et pourtant, nous manquons cruellement de lieux de rencontres et d’échanges. Moi, par exemple, je suis bibliothécaire dans un établissement national et je n’ai pratiquement aucune occasion de croiser mes collègues de la ville de Paris qui sont pourtant tout proches. Je pourrais dire la même chose des bibliothécaires en BU ou des professeurs documentalistes : nous avons tous des centres d’intérêt et des préoccupations en commun, pourtant nous vivons dans des mondes très étanches.

En s’éloignant de la capitale, on trouve davantage d’associations professionnelles qui organisent des rencontres ou des formations. Cela n’empêche pas certaines personnes de venir parfois de loin pour des évènements proposés par Doc@Paris. Pour la rencontre consacrée au design thinking, un groupe de la BDP du Nord avait fait le déplacement par exemple.

Que proposez-vous ?

Nous sommes encore dans une phase où nous testons différents formats. Le rythme de croisière est maintenant d’un à deux évènements par mois.

Nous avons organisé plusieurs rencontres « traditionnelles » avec des intervenants qui évoquent une thématique ou qui font un retour d’expérience. Nous essayons de faire en sorte que ces rencontres ne soient pas trop scolaires et que chacun puisse s’exprimer dans la salle, même si du coup la rencontre prend la forme d’une grande conversation à bâtons rompus.

Nous avons également organisé plusieurs ateliers d’initiation à des méthodes de travail originales qu’on ne trouve pas (ou pas encore) dans les catalogues de formation, comme le design thinking, la méthode Lego Serious Play ou le sketchnoting. A mon avis, c’est ce format qui mérite le plus d’être creusé. Il permet non seulement aux participants de se former mais également au formateur de s’améliorer et de prendre confiance en lui parce qu’on est sur des sujets nouveaux où il n’y a pas encore d’expertise. Ce type d’échange, qui n’est pas simplement une transmission verticale d’information mais où tout le monde gagne en compétence est vraiment intéressant et correspond à la philosophie collaborative du réseau.

Dans la pratique, comment fonctionne le réseau ?

Les rencontres sont ouvertes à tous, sur inscription. Nous avons un blog, une page facebook et un compte twitter qui nous permettent de communiquer, d’annoncer les rencontres et d’en garder une trace. Nous avons également une liste de diffusion, que les gens ne se sont pas vraiment approprié mais qui permet de s’inscrire, et qui a donc un sens symbolique.

Pour l’instant, l’organisation repose encore beaucoup sur moi mais il y a un petit noyau de 5 ou 6 personnes motivées qui commencent à pas mal s’impliquer. Il y a aussi des participants réguliers aux rencontres qui forment un deuxième cercle. Enfin, il y a un troisième cercle composé de personne qui sont là occasionnellement, juste parce qu’un sujet en particulier les intéresse.

Quelles sont vos priorités ?

Une organisation comme Doc@Paris, qui n’a pas de statut, qui se veut collaborative, et qui repose sur un si petit noyau de membres actifs et très fragile. Il suffit qu’un membre actif déménage ou qu’un autre réussisse un concours (deux cas de figure qui viennent de se présenter) pour qu’une grosse partie du travail soit à refaire. Du coup, je dirais que la priorité à court terme est de pérenniser Doc@Paris en recrutant de nouveaux membres et en faisant mieux connaitre le réseau. La création récente de la page Facebook répond à cette finalité : le compte twitter est plutôt bien suivi avec plus de 400 followers mais il touche surtout un certain type de public (des professionnels un peu geek qui forment un cercle assez étroit). Facebook permet d’atteindre beaucoup plus de monde. J’aimerais bien voir des étudiants nous rejoindre par exemple, pour l’instant c’est un public qu’on n’a pas encore atteint.

Quels sont vos prochains événements ?

En juin, il y a deux évènements qui sont programmés : le 13 juin, une rencontre consacrée aux tutos, aux fablabs et au « do it yourself » dans les lieux culturels se déroulera au Cube à Issy-les-Moulineaux. Ce sera une grosse rencontre avec des interventions passionnantes. On voit vraiment que ce genre de sujet interpelle : les 30 places disponibles sont parties en deux ou trois jours à peine. Ensuite, le 18 juin, il y aura un café vie privée à la bibliothèque Louise Michel. L’idée vient tout simplement de Doc@Rennes qui a organisé un évènement comparable. Enfin, en juillet (la date reste à fixer), j’animerai un atelier d’initiation au brainstorming et plus précisément à la méthode CPS (Creative Problem Solving).

Pour la suite, nous avons beaucoup d’autres idées, certaines un peu farfelues… comme un speed dating des bibliothécaires pour se faire du réseau et rencontrer des professionnels passionnés !

Pour terminer, avez-vous un message à faire passer ?

Pour découvrir le réseau, bavarder ou évoquer les prochaines rencontres, il y a régulièrement des « pot@paris » qui sont organisés. C’est l’équivalent des open teas de doc@brest. J’invite les personnes intéressées à venir boire un verre avec nous pour papoter ou soumettre des idées. Le prochain pot aura sans doute lieu fin juin ou début juillet, la date précise sera annoncée en ligne d’ici là.

 

Nicolas Beudon est conservateur des bibliothèques et consultant-formateur dans le domaine de l’innovation et de la lecture publique. Il travaille actuellement dans un établissement national à Paris. Il est l’auteur du blog Le Recueil factice. Il a impulsé la création du réseau professionnel Doc@Paris.

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